Liernu

Histoire de Liernu

L’origine du nom de LIERNU est controversée. GRAMAYE cite une colonie établie à Liernu par un prétendu gouverneur nommé LERNUS, environ 200 ans avant JC. GALLIOT penche pour la LEDERNA, en référence au ruisseau, le Liernu, qui prend sa source dans les prairies de la commune, à proximité de l’autoroute. DEL MARMOL s’appuie sur les travaux de divers historiens qui présentent les vocables flamands : Leerne ou Laer (terrain inculte, vague, pâturage public) ou allemands : Leere (vide).

Liernu est composé de plusieurs rues dont le nom de certaines a été modifié suite à la fusion des communes, Blanchisserie, Siroperie, Maladrerie, Egalité, Trieux, Perwez, Rosiat, Pré Saint-Jean, Gros-Chêne, Basse-Baive et Haute-Baive.

La première trace écrite que nous ayons de Liernu date de 862 et des pagi francs ; Liernu se rattachait alors au pagus Hasbaniensis.

En 1189, Liernu fut cédé au duc de Brabant ; l’acte de cession fut cependant annulé peu de temps plus tard, par le Traité de Pontoise.

Le village possédait durant l’Ancien Régime, deux cours de justice.

La première nous est présentée dans certains écrits comme une cour « haute et foncière ». Elle disposait d’un droit de regard sur non seulement les petits larcins, mais aussi sur les homicides et les blessures volontaires. Nous trouvons parmi les jugements rendus par cette cour, celui du sieur Boucher qui pour avoir donné des coups de couteau mortels à Antoine Jansens, a été condamné le 14 août 1767 à être pendu et étranglé.

A côté de la cour de justice, existait la cour Sainte-Gertrude dénommée cour foncière et même cour foncière et vicomtière. Son siège se trouvait à la ferme de la Cour.

Comme toute seigneurie, Liernu possédait son pilori. Celui-ci se trouvait sur la place du village en face de l’église. Il avait été placé par le seigneur en 1764.

Ce dernier, avant d’élire sa demeure dans la ferme de la Natoye, habitait la ferme de la Cour. Celle-ci, ancienne seigneurie foncière, est citée dès le début du XVe siècle. Elle appartint tout un temps à la famille de Looz de Corswarem dont les armes figurent encore au-dessus de la porte d’entrée.

La tradition dit que c’est en face de cette ferme que se tenaient les foires et les marchés et que, derrière celle-ci, se trouvait une terre franche où les criminels bénéficiaient pendant trois jours du droit d’asile.

Dédiée à Saint Jean-Baptiste, l’église a été construite en 1793. Elle remplace une autre, trop petite pour contenir tous les fidèles.

Tout au long des Temps-Modernes et plus particulièrement sous le règne de Louis XIV, Liernu a souffert des guerres qui ont ravagé l’Europe. Elle a souvent été victime des passages de troupes et des pillages commis par les soldats. Ainsi, en 1675, les Français ont brûlé et saccagé le presbytère. En 1794 et 1795, le village a été réquisitionné par les troupes républicaines.

C’est d’ailleurs le régime français qui a transformé Liernu en commune et qui l’a incorporé au canton d’Eghezée.

Victime d’exactions militaires au XVIE, XVIIE et XVIIIE siècles, Liernu a encore connu les cruautés de la guerre en 1914.

Le 19 août, des troupes allemandes ont pénétré dans le village. Rejointes par d’autres les 20 et 22 août, elles ont commis beaucoup de pillages.

Village à vocation agricole, Liernu possède encore quelques grosses fermes dont les bâtiments datent des XVIIE et XVIIIE siècles. Parmi celles-ci, figurent la ferme de la Natoye, dernière demeure des seigneurs de Liernu, la ferme de la Rigauderie qui date de la période espagnole, la ferme de la Cour, ancienne seigneurie foncière, la ferme du Vert-Bois et la ferme du Moulin dont le logis date de la deuxième moitié du XVIIIE siècle.

Marianne SIMON

Licenciée en histoire.

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