Le Gros-Chêne (Emile Clicheroux)

Le Gros Chêne de Liernu

Emile Clicheroux in « La Forêt Wallone »

Liernu est un joli petit village situé au nord de Namur; il fait partie de la commune d’Eghezée. Il doit son nom au ruisseau, le Liernu, affluent de la Mehaigne.

C’est à Liernu que ‘on peut admirer le plus gros chêne de Belgique et sans doute, le plus vieux. Il se trouve derrière l’église près du mur du cimetière. il a une circonférence de 14,24m au sol, 10,82 à 10m de hauteur, une couronne de 20m de diamètre et une hauteur totale de 19m. Il serait agé d’environ 1000 ans. Il est toujours vigoureux et donne encore d’abondantes glandées.

Le professeur Poskin dans son ouvrage sur « Le chêne pédonculé et le chêne rouvre » le décrit déjà en 1933, comme un chêne millénaire.

Le mythe du chêne

Depuis les temps les plus reculés, le chêne a toujours fait l´objet de la sollicitude des forestiers et a eu la réputation de jouir d´un pouvoir mystérieux.

Zeus l´avait adopté: il s´exprimait dans le bruissement des feuilles quand il n´était pas occupé de tonner.

Socrate, ne jurait que par le chêne, l´arbre divin des oracles, arbre de la sagesse et du futur.

C´est au chêne qu´était suspendu la Toison d´Or cherchée en Orient par les Arganoutes.

La couronne civique des Romains était tressée avec des feuilles de chêne. on retrouvera d´ailleurs ces feuilles sur le képi des généraux français avent l´usage des étoiles.

Dans les Abruzzes (Italie), on cueillait jadis les feuilles du chêne sur lequel la foudre était tombée et on les confiait comme talisman aux jeunes soldats qui partaient pour la guerre.

Au Moyen Age, les pénalités prévues par les seigneurs désireux de protéger leur propriétés boisées étaient plus rigoureuses lorsqu´il s´agissait de chênes.

Quelques notions sur le chêne

Le chêne est l´essence forestière indigène par excellence en Belgique.

Les deux variétés cultivées sont le chêne pédonculé (Quercus robur L.-Q pedunculata Ehrh) et le chêne rouvre (Quercus sessilis Ehrh-Q. sessiliflora Salisb.).

L´habitat des différents chênes est très varié et couvre presque toute l´Europe. le chêne pédonculé s´avance au Nord jusqu´à une ligne partant de l´Ecosse et se dirigeant dasn le Sud de la Scandinavie; à l´Est, jusqu´à l´Oural; au Sud, aux parties méridionales de la Grèce, de l´Italie et de l´Espagne; et aboutit au Caucase oriental. Le chêne rouvre a une aire assez semblable quoique un peu plus restreinte. Il ne s´étend pas aussi loin que le pédonculé vers le Nord et vers l´Est.

Le chêne pédonculé est essentiellement un arbre de grandes plaines et des vallées. Cependant, il pénètre dans les régions de collines et apparaît, dans les montagnes. Il forme de vastes forêts et présente un beau développement dans les plaines voisines du Danube et de ses affluents.

Quant au chêne rouvre, il se tient d´habitude à une altitude plus élevée que le pédonculé, surtout dans le Sud de son habitat. il occupe de préférence les plateux, les collines et les montagnes moyennes, où il accompagne souvent le hêtre. toutefois, ildescend en plaine dans le Nord de son aire.

les deux chênes recherchent des climats plutôt doux, caractérisés par une chaleur relativement élevée pendant la période de végétation et par l´absence de de froids trop rigoureux au cours de l´hiver.

Les chênes n´ont pas d´exigences bien marquées en ce qui concerne l´humidité de l´air. Ils préfèrent une atmosphère moyennement humide, quoiqu´ils supportent un air relativement sec dans bien des stations.

Le chêne pédonculé recherche les terrains argileux ou argilo-sablonneux, profonds, humide ou tout au moins frais, même submergés périodiquement; il prospère particulièrement sur les alluvions et les limons. Ses exigences dépassent la moyenne. pour atteindre de fortes dimensions, il réclame absolument la profondeur et une forte teneur en eau, surtout dans les couches inférieures. Toutefois, il ne supporte pas l´excès d´humidité s´il n´est pas soumis en même temps à une chaleur relativement élevée; les bas-fonds où l´eau reste trop longtemps stagnante lui sont défavorables.

Le chêne rouvre préfère les sols plus meubles, bien drainés ne retenant pas une quantité aussi considérable d´humidité que ceux convenant particulièremnt bien au pédonculé. Comparé à ce dernier, il a des exigences sensiblement inférieures. Il se contente de terres plus légères, moins profondes, tout simplement fraiches ou même exposées à une certaine sécheresse, plus pauvres en matière nutritives; il s´accomode des schistes compacts et supporte, mieux que le hêtre, les sols relativement secs et peu fertiles. la terre doit présenter une profondeur et une teneur en eau suffisantes pour être apte à produire des tiges de fortes dimensions et du bois de bonne qualité.

Les chênes pédonculés et rouvre sont des essences de lumière au tempérament robuste. Leur besoin en lumière n´a rien d´absolu. Les chênes, comme toutes les essences d´ailleurs, atténuent ces exigences selon les situations qu´ils occupent.

Les deux chênes se distinguent par les caractères du fruit et de la feuille.

Le chêne pédonculé a un pédoncule (queue du fruit) allongé, grêle. Les feuilles ont un pétiole très court (à peu près sans queue), présentent leur plus grande largeur vers les deux tiers de leur longueur, se rétrécissant vers la base où elle se termine par deux petites oreillettes. les glands sont au nombre de 1 à 3 jusqu´à 5 sur un axe commun.

Le chêne rouvre n´a pas de pédoncule ou un pédoncule très court, trapu. Les feuilles au pétiole assez allongé offrent leur plus grande largeur vers le milieu de leur longueur et se terminent en coin vers le bas. Les glands sont au nombre de 1 à 5 inséré contre le rameau sur un axe court.

En sylviculture, le chêne s´adapte à tous les régimes: futaie, taillis sous futaie ou taillis simple. Il est cultivé dans les diverses régions de la Belgique.

 

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